Le miracle du rire contagieux

Le miracle du rire contagieux

00 :22 Dimanche le 3 septembre 2017

Quel gentil rêve je viens de faire.  Je ne peux faire autrement que de venir en faire la description, malgré tout, bien moins cocasse que ce que je viens de vivre.

Gentilshommes et gentes dames, voici que j’arrive moi, la faiseuse de miracles de la famille Berthelet.

Je me dirige vers une arche en ciment de forme rectangulaire.  Je suis sur un genre de passerelle de la même forme, en hauteur par rapport au chemin à ma gauche.  A mon arrivée à l’arche, j’appuis sur une de ses pierres en son centre.  Elle se coince mais ouvre tout de même un peu.  Je la décoince et apparaît juste au-dessous l’image d’un homme.

Dans le même moment, un autre homme sonne au mince poteau sur le chemin.  Sans peur, je le rejoins en me laissant glisser légèrement, dos au mur, sur le rebord de la passerelle.  J’arrive gracieusement au sol.  D’un seul mouvement, je suis auprès de l’homme du poteau et celui de l’image sourit, tout étonné.

L’homme du poteau me souris.  Je me présente en lui offrant la main.  Je lui parle dans un français impeccable et une prononciation de comédie théâtrale.  L’homme de l’image ouvre la porte où nous passons comme sur un nuage.  Je n’ai pas même le temps de finir ma demande de me guider dans l’hôtel, que nous sommes déjà devant la chambre de l’homme de l’image, où il est alité.

Plusieurs aïeux d’une même famille sont regroupés autour de l’homme de l’image.  Ils sont tous vieux.  Leur corps n’est pas défini, ils sont plutôt des ombres.  Seul mon cousin alité est plus complet, sans avoir vraiment de visage.  Je perçois les autres assis dans des chaises roulantes.

J’entre joyeusement et je les salue tous affectueusement en leur faisant la bise; je les reconnais, ils sont tous mes cousins Berthelet.

Je fais le tour du lit et viens m’asseoir sur le lit auprès de mon cousin, à qui je fais aussi la bise en disant :

  • Mais cher cousin, que vous arrive-t-il? Qu’est-ce qui fait que vous recevez tout votre monde depuis votre lit ?

Il me répond avec un sourire, sans dire un mot.  Je comprends qu’il est malade.  Je lui dis dans ma langue parlée :

  • Mais alors, donnez-moi votre main. Ne saviez-vous pas que je fais des miracles ?

Je prends sa main entre les deux miennes et je me lance dans l’improvisation d’un conte hilarant avec cet accent ancestral français qui me vient spontanément.  Ma cousine assise à la droite est ricaneuse et nous fait tous pleurer d’amusement.

Dans mon lit, maintenant éveillée par cette joie communicative, je retiens mon rire afin de ne pas déranger le sommeil de mon conjoint.  J’ai chaud et j’ai les mains moites.

Je tiens toujours les mains de mon cousin.  Je colle ma tête à la sienne dans un mouvement affectueux.  Je suis drôle.  Mon élocution est coulante.

La porte de l’étroite chambre ayant été laissée ouverte, bientôt d’autres personnages viennent s’amuser avec nous, en remplissant le hall d’entrée.  Je leur fais signe de la main, un grand sourire au visage.

Je finis bientôt mon histoire.  Je me relève et signe la fin de ma visite par une révérence à la « fou du roi » et j’envoi à tous une bise avec ma main.  Je m’incline à nouveau devant ma cousine ricaneuse et invoque mon désir de la voir continuer à entretenir la famille de son rire contagieux.

Je sors de l’hôtel comme je sors de mon lit!  Je sais que le miracle est accompli et que mon cousin alité est guéri.

Je m’étonne.  Je réalise que mon rêve a débuté quand j’étais endormie mais que j’ai pu le poursuivre en étant bien éveillée.

Je repense à notre demande d’abondance que mon mari et moi avons faites avant de nous endormir.  De la joie que j’ai puisée à la Source avec un sourire avant de me faire happer par l’inconscient.

Et oui, c’est ce qui arrive dans l’esprit d’une auteure, quel que soit l’heure !

J’espère que vous vous êtes bien amusé !

Lise Berthelet-Henry